19 août 2024 Boom BapBreaksEast Coast Hip HopHip HopRadio en directRap MusicStation de radio en ligneUnderground Hip HopWest Coast Hip Hop

DJ King Flow s’entretient avec RBX pour Mixtape Addict 11

Le DJ français DJ King Flow a dévoilé la programmation de son prochain émission hebdomadaire, Mixtape Addict, avec une interview de RBX. Scientific Sound Asia agit comme une station de radio, un média d’information musicale, organisateur d’événements et une agence de DJ en Asie, au service d’un public international.

Depuis l’âge de 14 ans, l’artiste français, reconnu sous le nom de DJ King Flow, fait preuve d’un talent remarquable sur la scène hip-hop, attirant l’attention grâce à ses mixtapes exceptionnelles qui ont séduit un public mondial. Son amour pour la musique rap a nourri sa créativité et l’a propulsé au sommet de l’industrie, où son style inimitable et ses beats originaux lui ont valu des éloges et un grand respect.

Au fil des années, DJ King Flow s’est imposé comme un pionnier dans le domaine de la production musicale, repoussant sans cesse les limites et redéfinissant l’art du mixage et de la fusion des sons. Ses collaborations avec des musiciens respectés tels que Ras Kass, Torae, Juicy J, Tragedy Khadafi, O.C. et Khujo Goodie du groupe Goodie Mob ont non seulement mis en valeur son adaptabilité, mais ont également mis en avant son talent pour mêler sans effort des styles musicaux divers en une entité unifiée et mélodieuse.

DJ King Flow a franchi les frontières culturelles et a établi un lien profond avec le public grâce à sa musique, née de son amour pour le hip-hop des années 90, le rap et l’histoire du hip-hop. Il utilise ses beats pour exprimer ses émotions, raconter des histoires et partager ses expériences. Sa passion pour son art et sa quête permanente de la perfection musicale font de lui un visionnaire de l’industrie du hip-hop, qui influence et inspire les artistes et danseurs de hip-hop en herbe du monde entier.

Depuis 2012, il s’est consacré à relier diverses villes telles que New York, Dallas, Providence, Miami et Seattle afin de créer un mouvement rap transatlantique dynamique aux côtés de son estimé partenaire de longue date, Young Amsterdam. Cette initiative ambitieuse a nécessité de nombreux déplacements à travers les États-Unis pour tisser des liens et favoriser des collaborations avec des passionnés de hip-hop, au-delà des frontières géographiques.

À la fin de l’année 2015, King Flow a eu l’idée de Mixtape Addict, qui a ensuite obtenu une reconnaissance mondiale sur les stations de radio Hip Hop à l’international. À partir de début 2019, l’équipe s’est rendue en France, au Canada et à New York pour lancer la série d’entretiens vidéo révolutionnaire intitulée Mixtape Addict Report, interviewant des légendes du rap et des stars mondiales du Hip Hop, marquant ainsi une étape majeure et faisant découvrir le Hip Hop News au monde entier.

Le rappeur et producteur américain RBX assis sur une chaise, vêtu d’un hip hop, image en couleur.

Interview guest RBX

RBX, né Eric Dwayne Collins, s’est imposé comme une figure marquante de la scène rap, originaire de la ville dynamique de Long Beach, en Californie. Son art est marqué par une voix distinctive et résonnante qui captive les auditeurs et le distingue dans l’industrie. L’un des moments clés de la carrière de RBX a été sa collaboration avec l’emblématique label Death Row Records au début des années 1990, une période qui a marqué un chapitre important de l’histoire de la musique hip-hop.

Sous le pseudonyme de RBX, qui symbolise « Reality Born Unknown », Eric Dwayne Collins a laissé son empreinte aux côtés d’artistes tels que ses cousins Snoop Dogg et Daz Dillinger. Cette collaboration a non seulement mis en avant les talents lyriques de RBX, mais elle a également consolidé sa place au sein de la communauté du rap. Ses contributions à Death Row Records ont apporté une dimension unique au roster de l’étiquette, enrichissant encore davantage la mosaïque diversifiée de talents qui a marqué cette époque.

Le parcours de RBX dans l’industrie musicale reflète une fusion entre un talent brut, un dévouement sans faille et une passion profonde pour la narration à travers sa musique. Son influence se fait sentir non seulement par sa manière de chanter, mais aussi par les récits qu’il tisse, offrant aux auditeurs un aperçu de son univers et de ses expériences. À travers son œuvre, RBX continue d’imprimer une marque indélébile sur le paysage du rap, consolidant ainsi son héritage en tant qu’artiste redoutable dont l’influence dépasse les frontières et touche des publics du monde entier.

RBX s’est imposé comme une figure marquante de la scène du hip-hop de la côte ouest au début des années 1990. Son style inimitable et son talent lyrique ont attiré l’attention des grands noms de l’industrie, lui valant des collaborations prestigieuses avec des artistes emblématiques tels que Dr. Dre et Snoop Dogg. Ses contributions à des albums cultes comme « The Chronic » de Dr. Dre et « Doggystyle » de Snoop Dogg ont consolidé sa réputation de rappeur polyvalent et accompli.

Après s’être séparé de Death Row Records en 1994, RBX a entamé un nouveau chapitre de sa carrière en signant avec Aftermath Entertainment, une décision qui a marqué un tournant majeur dans son parcours musical. Malgré cette transition, RBX est resté fidèle à son art et a continué à repousser les limites avec sa musique.

L’un des jalons de la discographie de RBX est son récent album « Hibernation Shivers », sorti en 2024. Ce projet a mis en lumière son évolution en tant qu’artiste et sa capacité à s’adapter aux évolutions du hip-hop tout en restant fidèle à ses racines. Avec « Hibernation Shivers », RBX a démontré sa pertinence durable dans un monde du hip-hop en constante mutation, recueillant les éloges de la critique et confirmant son statut de figure respectée de l’industrie.

L’épisode 11 s’ouvre sur une présence puissante de la côte Ouest, portée par The Shivers de RBX avec Sccit et Crooked I, suivi de Gotham Funk et Nightstalker aux côtés de Krayzie Bone. Ces morceaux mettent en avant les aspects plus sombres et cinématographiques de l’ère G-Funk, avec le style inimitable de RBX qui fait écho à son héritage issu de The Chronic et de 2001. Regrets apporte une dose d’introspection, marquant un rare moment de vulnérabilité dans un set caractérisé par la confiance et la maîtrise.

Passant à l’underground, Overtaker de J Scott Da Illest & Aida et The Statement de Truwerdz & K Banger offrent une dureté lyrique et une détermination sans faille. Le Relentless de Drazmatik poursuit cet accent mis sur l’authenticité, tandis que le Calm Before The Storm de Jhiakana fait la jonction entre l’esprit underground et un flow moderne. Haunted de oBleak & Necro insuffle une énergie sombre et tordue, élargissant la palette sonore grâce à sa production inquiétante et à son ton sinistre.

La section classique de l’émission rend hommage à l’ère dorée avec My Pager de Saukrates et Fire Fresh Produce de Westcoast Mo, des morceaux qui mêlent des éléments de funk soul à des couplets d’une précision millimétrée. Les Dead Presidents de Jay-Z et Life’s A Bitch de Nas & AZ offrent une perfection du Boom Bap, ancrant le mix dans une énergie new-yorkaise intemporelle, tandis que Brave Hearts, avec Cappadonna, apporte une touche à la Wu-Tang pour clôturer la représentation de l’East Coast Hip Hop.

L’épisode s’achève ensuite sur une interview approfondie, déplaçant l’accent de la performance vers la réflexion, et présentant le mix à la fois comme une expérience d’écoute soigneusement élaborée et comme une exploration plus large du point de vue de l’artiste.

Cette conversation offre un éclairage plus approfondi sur la manière dont RBX appréhende le hip-hop à son niveau le plus fondamental. Lorsqu’on lui demande quel est son DJ préféré de tous les temps, il cite Grand Wizard Theodore et JD de Long Beach, non pas pour leur célébrité, mais pour leur savoir-faire. Son explication est révélatrice. Ce qui compte pour lui, ce n’est pas seulement de passer des disques, mais la capacité de boucler des Breaks, de découper des beats en temps réel et de créer une base live pour les MCs.

Il accorde également une véritable valeur aux équipements matériels, évoquant les platines, les aiguilles, les mixeurs et les enceintes comme des éléments indispensables plutôt que de simples objets nostalgiques optionnels. En ce sens, l’entretien commence par le situer dans la mécanique du hip-hop, et non pas seulement dans son image.

L’un des moments les plus marquants survient lorsqu’il explique qu’il a en réalité commencé comme DJ. Il se souvient d’une battle au lycée où les rappeurs pour qui il devait assurer la musique ont été intimidés par la concurrence et ont fini par se retirer, le laissant seul face à son matériel. Au lieu de baisser les bras, il a lancé le beat, pris le micro et assumé lui-même les deux rôles.

C’est une petite histoire, mais elle en dit long sur la manière dont il a pénétré la culture. Son point de départ n’a pas été l’élaboration d’un plan industriel ni la recherche de visibilité. Il est né de l’instinct, de l’improvisation et d’une disposition à se produire dès que le moment l’exigeait. Cet même esprit se retrouve dans ses réflexions sur les mixtapes.

RBX s’exprime très ouvertement sur ce qu’ils représentaient, les décrivant comme une forme qui offrait une véritable liberté tant aux artistes qu’aux DJ. À ses yeux, les labels ne supportaient pas les mixtapes parce qu’elles affaiblissaient le contrôle des entreprises sur la musique, surtout lorsque les artistes s’en servaient pour produire des disques plus bruts et plus immédiats, en dehors des circuits officiels de sortie.

Il considère le format comme un élément central de l’essence du hip-hop, précisément parce qu’il a permis l’expérimentation, la créativité non autorisée et une communication directe avec les auditeurs. Ses remarques sur la fusion des voix avec des matériaux sources inattendus, incluant des références à l’utilisation de choses comme Star Wars dans un mix, soulignent à quel point il prend au sérieux le rôle du DJ en tant que créateur actif plutôt que celui de simple technicien d’accompagnement.

Cette tension entre créativité et contrôle devient encore plus aiguë lorsque l’entretien évoque son propre catalogue et les disques qui l’ont rendu célèbre dans le monde entier. Plutôt que d’évoquer avec sentimentalisme sa participation à des albums cultes, RBX apporte une réponse plus réaliste. Il affirme s’en sentir plutôt indifférent et oriente rapidement la conversation vers le travail accompli pour ces disques ainsi que la frustration de n’avoir toujours pas été correctement rémunéré, des décennies plus tard.

Ses propos selon lesquels Interscope continue d’utiliser des chansons tout en ne parvenant pas à régler correctement les questions commerciales confèrent à l’entretien une franchise que beaucoup de discussions traditionnelles évitent. Au lieu de célébrer la mythologie des disques classiques, il met en avant les aspects économiques non résolus qui les sous-tendent. À partir de là, la discussion s’oriente naturellement vers l’édition et le streaming, et c’est à ce stade que RBX se montre particulièrement lucide.

Il reconnaît que les jeunes artistes doivent comprendre le secteur de l’édition dès le départ, puis élargit ce propos pour formuler une critique plus globale du système moderne. Il évoque les faibles retours financiers dont bénéficient les artistes malgré des volumes d’écoute massifs et soutient que les plateformes récentes restent conçues pour exploiter les musiciens plutôt que pour les soutenir. L’essentiel, ici, est qu’il n’accuse pas les auditeurs d’avoir su s’adapter aux évolutions technologiques.

Il comprend pourquoi les gens consomment la musique de la manière dont ils le font aujourd’hui. Son véritable problème réside dans le modèle économique et dans le fait que si peu de la valeur générée revient aux créateurs eux‑mêmes. Pour autant, il demeure attaché aux supports physiques. Il est convaincu que les véritables passionnés de musique continuent d’opter pour les CD et, plus encore, pour le vinyle, car ils recherchent une expérience tactile et un rendu sonore particulièrement vivant.

Sa comparaison de la cire à un organisme presque vivant est l’un des passages les plus marquants de l’entretien. Pour lui, le vinyle exige du soin, de l’attention et une discipline d’écoute particulière. Il faut le nettoyer, le ranger correctement et respecter cet objet. Cette attitude dépasse la simple préférence pour un format ; elle traduit une philosophie plus large selon laquelle la musique doit être traitée avec attention, plutôt que consommée comme un bruit de fond jetable.

Cette philosophie guide également la manière dont il évoque son nouvel album. Il explique que le projet a pris forme progressivement, au fil d’une série d’enregistrements réalisés avec des producteurs et des collaborateurs, jusqu’à ce qu’il devienne évident qu’un album était en train de naître. Ce qui frappe le plus, c’est sa réaction face au soutien qu’il a reçu. Plutôt que de considérer les featurings et les apparitions d’invités comme acquis, il se dit submergé par le nombre d’artistes de renom qui ont souhaité apporter leur contribution.

Il présente ce soutien comme authentique, et non stratégique, et semble sincèrement ému que tant de personnes soient venues le soutenir après des années passées à faire face à l’instabilité du secteur. La suite de la conversation rend encore plus claire sa position actuelle. RBX affirme être revenu à la musique selon ses propres conditions et d’une manière adaptée à son âge, refusant d’imiter les artistes plus jeunes ou de se plier à des tendances qui ne lui convenaient pas.

Il savait que certains le jugeraient en le voyant revenir, mais il a choisi de rester fidèle à lui-même et de faire la musique en laquelle il croit. Cette décision semble au cœur de l’épisode. Il ne cherche pas à remettre au goût du jour le passé ni à rechercher la notoriété par des gimmicks. Il compose des disques qui reflètent sa voix, son âge et son vécu, et laisse le public décider s’il apprécie cette sincérité.

Il révèle également qu’il reste encore beaucoup de matériel en attente, notamment d’autres projets et même un album rock resté inédit, en raison des mêmes frustrations qu’il éprouve face aux maisons de disques et à la question de la propriété. Cette partie est particulièrement révélatrice. Même lorsqu’il évoque de la musique qui l’enthousiasme, son réflexe est de la protéger plutôt que de la remettre entre les mains de systèmes auxquels il ne fait pas confiance.

Il préfère laisser les disques dans le coffre-fort plutôt que de les confier à des personnes qui ne lui ont pas rendu justice par le passé. C’est une position obstinée, mais elle s’accorde avec tout ce qu’il dit dans l’entretien au sujet du contrôle artistique et du refus de laisser les institutions dépouiller son œuvre de sa valeur. Dans son ensemble, cette édition de Mixtape Addict fonctionne parce qu’elle considère RBX comme un penseur actif au sein de la culture, plutôt que comme un simple héritage.

Ce mélange le place parmi les disques qui accordent encore de l’importance aux couplets, à l’ambiance et à la structure propre au DJ, tandis que l’entretien révèle une cohérence plus profonde dans sa manière de concevoir le hip‑hop lui‑même. Il demeure fidèle aux fondamentaux, sceptique face aux systèmes d’exploitation, attaché à la culture physique et résolu à faire de la musique sans prétendre être autre chose que lui‑même.

Le résultat n’est pas seulement une conversation rétrospective avec une légende de la côte Ouest, mais aussi un rappel utile selon lequel la longévité dans le hip‑hop tient souvent à la capacité de préserver les aspects de cette culture qui ont vu le jour avant que l’industrie n’apprenne à les commercialiser.

Mixtape Addict episode 11

RBX - The Shivers feat. Sccit & Crooked I

RBX - Gotham Funk

J Scott Da Illest & Aida - Overtaker

Saukrates - My Pager

Truwerdz & K Banger - The Statement

Westcoast Mo - Fire Fresh Produce

Jhiakana - Calm Before The Storm

RBX & Krayzie Bone - Nightstalker

RBX - Regrets

oBleak & Necro - Haunted

Hectik & Cappadonna - Brave Hearts

Drazmatik - Relentless

Jay Z - Dead Presidents

Nas & AZ - Life's A Bitch

DJ King Flow - Interview with RBX

Écoutez sur Mixcloud ici.

Tags:
Boom Bap Classiques du Hip Hop DJ King Flow East Coast hip hop Electronic Music Asia French Rap Hip Hop Hip Hop classique Mixtape Addict Musique électronique asiatique Radio Boom Bap Radio Hip Hop Radio Station Rap Rap Music Radio Rap Night West Coast Hip Hop