Le DJ français King Flow a annoncé la programmation de son prochain show hebdomadaire, Mixtape Addict, qui comprendra une interview avec Grafh. Scientific Sound Asia fonctionne comme une station de radio, organisateur d'événements, et agence de DJ en Asie, s'adressant à un public mondial.
Depuis l’âge de 14 ans, l’artiste français connu sous le nom de DJ King Flow a laissé une empreinte marquante sur la scène. Ses mixtapes exceptionnelles ont séduit des publics du monde entier. Sa passion pour la musique Rap a nourri sa créativité, le propulsant vers la notoriété dans l’industrie, où son style unique et ses beats innovants lui ont valu une large reconnaissance et le respect de tous.
Au fil des années, il est devenu un pionnier de la production musicale, ne cessant de repousser les limites et de redéfinir l’art du mixage et de la fusion sonore. Ses collaborations avec des artistes de renom tels que Ras Kass, Torae, Juicy J, Tragedy Khadafi, O.C. et Khujo Goodie du groupe Goodie Mob ont mis en valeur non seulement sa polyvalence, mais aussi son talent pour intégrer sans heurts divers genres musicaux en un ensemble harmonieux.
Il dépasse les barrières culturelles, tissant un lien profond avec ses auditeurs grâce à une musique ancrée dans son attachement à l’histoire du genre. Ses beats sont un moyen d’exprimer des émotions, de raconter des histoires et de partager des expériences. Son dévouement passionné pour son art et sa quête incessante de l’excellence musicale le distinguent comme un véritable innovateur sur la scène, inspirant et encourageant les artistes et danseurs émergents du monde entier.
Depuis 2012, il s’attache à tisser des liens entre des villes comme New York, Dallas, Providence, Miami et Seattle, dans le but de créer une scène rap transatlantique dynamique aux côtés de son partenaire estimé, Young Amsterdam. Ce projet ambitieux l’a conduit à parcourir largement les États-Unis afin d’établir des relations et des collaborations avec des passionnés au-delà des frontières géographiques.
Conçu à la fin de l’année 2015 par lui, Mixtape Addict a reçu un accueil international chaleureux sur les stations de radio du monde entier. À partir de début 2019, l’équipe a entrepris des tournées en France, au Canada et à New York, lançant la série innovante d’entretiens vidéo, le Mixtape Addict Report, qui présente des interviews de légendes du rap et de stars mondiales du Hip Hop, marquant une étape importante dans la diffusion d’actualités Hip Hop à l’échelle mondiale.

Interview guest Grafh
Grafh, né Philip Anthony Bernard, est un nom qui résonne profondément au sein de la communauté hip-hop. Originaire de South Jamaica, dans le Queens, à New York, Grafh est une figure imposante de la scène rap depuis le début des années 2000.
Son parcours a débuté par une passion pour la lyrisme et la narration, des éléments qui sont restés au cœur de sa musique tout au long de sa carrière. Le premier album studio de Grafh, « Autografh », sorti en 2007, a marqué le début d’une carrière prolifique.
Au fil des années, il a sorti de nombreuses mixtapes et albums, chacun mettant en avant son style inimitable et son talent lyrique. Sa capacité à tisser des récits complexes et à livrer des couplets percutants lui a valu une base de fans fidèle ainsi qu’une reconnaissance critique.
Un des aspects marquants de la carrière de Grafh a été ses collaborations avec certains des plus grands noms de l’industrie. Travailler avec des artistes tels que Drake, Busta Rhymes et Royce da 5’9" lui a non seulement permis d’élever son profil, mais aussi de s’essayer à de nouvelles expériences et de grandir en tant qu’artiste.
Ces collaborations ont mis en lumière différentes facettes de son talent, faisant de chaque projet une expérience nouvelle et passionnante pour ses auditeurs. Malgré le paysage sans cesse en mutation du hip-hop, Grafh a su rester pertinent en restant fidèle à ses racines tout en s’ouvrant à de nouveaux sons et aux dernières tendances.
Sa musique témoigne d’une profonde connaissance de l’histoire du genre et d’un engagement à repousser ses frontières. C’est cet équilibre entre tradition et innovation qui le distingue de nombreux de ses contemporains.
L’influence de Grafh dépasse largement sa musique. Il est réputé pour sa franchise et son authenticité, des qualités qui trouvent écho auprès des fans comme chez ses pairs.
Son parcours, des rues du Queens jusqu’aux sommets du monde du rap, témoigne de son talent, de son travail acharné et de sa persévérance. Il est devenu un modèle pour les rappeurs en herbe, démontrant qu’il est possible de réussir dans l’industrie sans compromettre son intégrité artistique.
Alors que le hip-hop continue d’évoluer, Grafh demeure une figure incontournable, un phare d’excellence lyrique et d’innovation créative. Ses contributions au genre sont majeures, et son influence est indéniable. Avec une carrière s’étendant sur plus de deux décennies, l’héritage de Grafh est solidement ancré, et il continue d’inspirer et d’influencer la prochaine génération d’artistes hip-hop.
Épisode 13 par DJ King Flow s’ouvre sur Tryin To Rep de Grafh, suivi de Right Now avec Talib Kweli et Haile Supreme, un exemple abouti d’un Boom Bap raffiné, aux refrains pleins d’âme et à la profondeur lyrique. Rock, Paper, Scissors et Straight Shooter prolongent la forte alchimie entre Grafh et 38 Spesh, mêlant production moderne et punch classique de l’East Coast hip hop. Vice For President de Vice Souletric (produit par Pete Rock) apporte une riche âme boom-bap, tandis que The Recipe de Imam T.H.U.G & Prodigy renoue avec la tradition de Queensbridge et la sagesse des rues.
La partie centrale plonge au cœur de l’underground, avec Flow de DJ King Flow, OSVN et D Goynz, qui mettent en avant l’art du turntable et la maîtrise lyrique. The Source de Grea8Gawd et Mixtape Addict avec Lefty Pachino illustrent tous deux l’engagement de l’émission en faveur d’un véritable lyrisme. Rufus Sims, Hectik et Sonny Reddz proposent des couplets réfléchis sur Keep Playing, One Of A Kind et Stand Up, tout en conservant une tonalité underground cohérente.
L’énergie se tourne vers le récit de la rue avec American Skumbag de Daytona et Life Change de Young Buck, conciliant introspection et résilience. Numb de B.Rocca & Barry Hendrix approfondit la portée émotionnelle grâce à une narration réfléchie et à un réalisme au ton dur.
Dans la section finale, Fire Fresh Produce introduit une influence de la West Coast, apportant un contraste sans perturber le flow global. Des morceaux tels que Keep Playing et One Of A Kind maintiennent l’accent sur les paroles, tandis que The Recipe reconnecte le mix aux racines de Queensbridge, renforçant la cohérence thématique de l’épisode. Le programme se transforme ensuite en une interview approfondie, déplaçant l’accent de la performance vers la perspective, présentant l’épisode à la fois comme une sélection soigneusement choisie et comme une exploration plus large de la carrière de Grafh.
Cette conversation offre un éclairage plus approfondi sur la relation de Grafh avec la culture qui l’a façonné, en commençant par une réponse directe à la question d’ouverture de l’émission. Il cite DJ Premier comme son DJ préféré de tous les temps, non pas de manière ostentatoire, mais tout simplement en raison de l’ensemble de son œuvre et de la constance de son art. Cette réponse donne le ton au reste de l’entretien.
Grafh ne complique pas outre mesure ses propos, mais il est très clair quant à ce qu’il valorise, et dans presque chaque réponse, il revient aux mêmes idées centrales : l’authenticité, le travail, la culture et le respect des fondements. La partie la plus marquante de l’entretien se concentre sur l’ère des mixtapes et sur ce qui s’est perdu lors du passage à la domination du numérique. Grafh affirme sans détour qu’il regrette l’époque où la musique était tangible, lorsque les auditeurs pouvaient tenir un CD entre leurs mains, parcourir le livret, étudier les photos, lire les crédits et comprendre qui avait réalisé les disques qu’ils adoraient.
Il présente cette expérience comme faisant partie de la culture elle-même, et non pas simplement comme un format dépassé. À ses yeux, les mixtapes et les sorties physiques créaient un lien plus profond entre les artistes et les fans, car elles incitaient à porter attention à l’ensemble de la proposition, et non pas seulement à la chanson prise isolément. Il ne s’agit pas là d’une simple nostalgie ; c’est une défense d’une époque où les disques étaient perçus comme des objets artistiques complets, plutôt que comme du contenu jetable.
Il oppose également cette époque à l’économie actuelle du streaming, qu’il décrit comme un monde de manipulation, de chiffres gonflés et de faux signaux. L’un des points les plus acérés de l’entretien est son insistance sur le fait que l’ancienne économie de rue, malgré toutes ses imperfections, était au moins mesurable d’une manière plus honnête. Si quelqu’un vendait un certain nombre de cassettes dans la rue, cela reflétait un public réel.
En revanche, il considère le rap moderne comme animé par des équipes de marketing digital, des écoutes gonflées et une visibilité artificielle. Ce qui le frustre le plus, ce n’est pas seulement que le jeu a changé, mais que l’on a désormais plus de mal à distinguer ceux qui établissent un véritable lien avec le public de ceux qui ne font que profiter d’une meilleure machinerie promotionnelle.
Cette ligne de pensée mène naturellement à ses réflexions sur DJ Kay Slay et Green Lantern, deux figures qui ont joué un rôle majeur dans l’essor de sa carrière. Grafh est particulièrement franc quant à l’influence de Kay Slay, affirmant qu’il ne serait pas là où il en est aujourd’hui sans lui. Il se souvient de la manière dont Slay l’a placé à des postes clés sur les mixtapes, de l’importance du placement à cette époque, et de la façon dont cette visibilité a changé sa vie.
Sa gratitude semble sincère, et il revient sans cesse sur l’idée que Slay incarnait un véritable système de soutien que les artistes underground reçoivent rarement à ce niveau. Selon lui, Kay Slay n’était pas seulement un DJ qui mixait des disques, mais un véritable défenseur des rappeurs en quête d’une reconnaissance, qui méritaient d’être entendus. Ses propos sur Green Lantern et les cassettes Oracle dégagent une chaleur comparable, surtout lorsqu’il évoque la réédition de ces œuvres pour de nouveaux auditeurs qui ignorent peut-être le rôle que ces sorties ont joué dans son catalogue.
On retrouve également dans l’entretien un fil conducteur fort sur la valeur des produits physiques. Dès que le sujet est évoqué, Grafh devient très précis quant à ce qui lui manque : la manière dont les albums étaient autrefois conçus, l’effort consacré aux livrets, aux pages de remerciements, aux séances photo et aux concepts d’emballage. Pour lui, ces détails comptaient car ils témoignaient d’une véritable attention.
Ils ont montré que les artistes et les labels considéraient autrefois la sortie intégrale comme un événement créatif, plutôt que comme un simple téléchargement de plus. Même s’il comprend la réalité du paysage numérique actuel, il voit manifestement encore les formats physiques comme l’une des meilleures expressions de la gravité artistique. La conversation s’oriente ensuite vers ses travaux plus récents, en particulier son partenariat avec 38 Spesh.
Grafh décrit leur chimie en termes directs, affirmant qu’ils sont comme Batman et Robin en ce moment, et la confiance qui sous-tend cette comparaison est corroborée par les disques. Il présente cette relation comme une amitié organique, née d’un respect mutuel, d’une éthique de travail partagée et d’un sens naturel d’alignement. Ses propos laissent entendre que leurs collaborations ne sont pas de simples duos ponctuels destinés à attirer l’attention, mais bien le fruit d’un lien créatif durable, susceptible de donner naissance à bien d’autres musiques.
Ce même instinct façonne l’histoire de Rocafella Chain, l’un des albums phares évoqués lors de l’interview. Grafh explique que le beat lui a immédiatement procuré une énergie nostalgique à la Roc-A-Fella et qu’une fois ce sentiment identifié, il s’est lancé corps et âme dans le concept. Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas seulement la liste des featuring, mais aussi la rapidité et la confiance avec lesquelles il a construit cet album.
Il a écouté la direction esthétique, lui a fait confiance, a fait appel aux bonnes personnes et s’est pleinement engagé. En ce sens, la chanson devient un bel exemple de l’idée plus large qui traverse l’entretien : l’intuition, la mémoire culturelle et la mise en œuvre restent plus déterminantes que le branding trop planifié. Un autre thème majeur est l’Europe, et là, Grafh s’exprime avec une chaleur inhabituelle.
Il précise qu’il ne se contente pas d’être au fait de la scène hip‑hop européenne, mais qu’il en éprouve une profonde admiration, notamment parce que les publics y prêtent une attention particulière aux couplets et retiennent les paroles, ce que, selon lui, de nombreux auditeurs américains ne font plus. Il évoque ses performances à Paris et à Londres, le fait que les spectateurs connaissent chaque mot de morceaux qu’il avait lui‑même presque oubliés, ainsi que son désir de passer davantage de temps en France, au‑delà de la routine habituelle des tournées éclair.
Ses propos laissent entendre que l’Europe représente bien plus qu’un simple marché. Pour lui, c’est un lieu où la musique est souvent accueillie avec le sérieux qu’il attend encore de la culture du rap.
Lorsqu’on lui demande un conseil pour les jeunes artistes, la réponse de Grafh est simple et sans compromis. Foncez à fond, entraînez-vous chaque jour, prenez votre art au sérieux et, si la passion n’est pas sincère, passez votre chemin.
Cette réponse s’accorde avec tout le reste de ce qu’il dit lors de l’entretien. Il a peu de patience pour les artistes qui ne voient le rap que comme un moyen rapide d’obtenir de l’argent, de la notoriété ou de se forger une image de marque. À ses yeux, le hip‑hop exige encore une véritable dévotion, et tout ce qui en est inférieur finit par se voir.
L’entretien se termine sur une note plus large, évoquant la marchandise, l’habillement, la musique à venir, le label Bang Dope Gang et, surtout, son programme de musicothérapie dans les écoles. Ce dernier détail est important car il élargit la perspective. Grafh ne se contente pas de préserver sa propre place au sein de la culture.
Il s’efforce également d’utiliser la musique comme un outil pour aider les jeunes à exprimer leurs émotions et à s’épanouir sur le plan créatif. Cela donne à la conversation une conclusion plus aboutie et montre que son engagement en faveur du hip hop dépasse les disques et le branding pour s’étendre à l’éducation et au travail communautaire. Pris dans leur ensemble, cet épisode de Mixtape Addict présente Grafh comme un artiste qui pense encore comme un puriste de l’ère des mixtapes, tout en évoluant dans une économie musicale bien plus instable et artificielle.
Le mélange souligne son actualité persistante en tant que parolier, tandis que l’entretien révèle à quel point il saisit avec clarté les évolutions qui ont remodelé la culture qui l’entoure. Ce qui transparaît le plus nettement, ce n’est pas de l’amertume, mais du discernement. Il sait ce qui s’est perdu, il sait ce qui compte encore, et il demeure résolu à créer de la musique et à mener des projets d’une manière qui reflète ces valeurs.
Mixtape Addict episode 13
Grafh - Tryin To Rep
Grafh & 38 Spesh - Right Now (ft. Talib Kweli & Haile Supreme)
Demrick & DJ Hoppa - What's Left Of Me
Broadway - Big Steppers
Vice Souletric - Vice For President (Prod. Pete Rock)
Daytona - American Skumbag
Grafh & 38 Spesh - Rock, Paper, Scissors
Sonny Reddz, Jojo Pellegrino & Gawds - Stand Up
Young Buck - Life Change
B.Rocca & Barry Hendrix - Numb
Lefty Pachino & DJ King Flow - Mixtape Addict
OSVN, D Goynz, Tone Spliff & DJ King Flow - Flow
Grafh & 38 Spesh - Straight Shooter (ft. Papoose)
Kadiz - On Point
Grea8gawd - The Source (Prod. Roc Marciano)
Westcoast Mo - Fire Fresh Produce
Rufus Sims - Keep Playing
Hectik - One Of A Kind
Imam T.H.U.G & Prodigy - The Recipe.
DJ King Flow - Interview with Grafh
Écoutez sur Mixcloud ici.
