14 avril 2026 Boom BapBreaksEast Coast Hip HopHardcore Hip HopHip HopRap MusicSouthern Hip HopUnderground Hip HopWest Coast Hip Hop

DJ King Flow s’entretient avec Rigs pour Mixtape Addict 94

Le DJ et producteur français DJ King Flow revient avec une nouvelle édition de Mixtape Addict, offrant une exploration soigneusement sélectionnée de l’Underground Hip Hop. Diffusée par Scientific Sound Asia, station de radio internationale basée au Vietnam, promoteur, plateforme d’actualités musicales et agence de DJ, l’émission continue d’opérer comme une plateforme mondiale pour les artistes attachés aux valeurs fondamentales de la culture hip‑hop.

DJ King Flow a commencé son parcours à l’âge de quatorze ans, développant un style ancré dans le boom bap tout en conservant une perspective contemporaine. Son son puise dans les fondements du hip-hop des années 90 tout en restant connecté au présent, soutenant sans cesse les voix émergentes de la scène underground.

Cette capacité à créer des ponts entre les générations lui a valu la reconnaissance d’auditeurs et d’artistes du monde entier, le consacrant comme un sélectionneur de confiance dans le lyrical hip hop. Au fil des ans, il a collaboré avec des figures influentes telles que Ras Kass, Tragedy Khadafi, O.C., Juicy J et Khujo Goodie, des relations qui témoignent de son engagement constant à préserver l’héritage du genre.

Depuis le lancement de Mixtape Addict en 2015, DJ King Flow a fait de cette série un pôle reconnu pour les artistes indépendants, alliant des émissions de hip hop radio, des interviews et des sorties de mixtapes afin de mettre en avant de véritables talents et de renforcer la solidité de la communauté underground. Parallèlement à son activité de sélectionneur, il continue d’accroître sa production créative en tant que producteur.

Son album instrumental The Adventures of F.J. Parker réunit des mélodies influencées par le jazz, des textures soul, des grooves profonds et le caractère rugueux associé à la production du Classic Hip Hop. Ces dernières années, il a élargi son catalogue avec des projets tels que Trill Legacy (Instrumentals), une sortie axée sur les beats, construite autour d’une production en couches et de thèmes sonores cohérents, accompagnée de morceaux comme Warzone featuring Ice Crimi et Win or Lose featuring Imam T.

Sa collaboration Money avec Lex Lakaiser a renforcé sa présence au sein de l’Underground Hip Hop contemporain, tandis que des compilations de mixtapes telles que Industry Pirates 2, Industry Pirates 3 et Time Travel (Beat Tape) témoignent d’une activité créative continue. Ses sorties de 2025, dont Money, Give the Town Some Hope et d’autres collaborations à venir, témoignent d’un développement artistique continu et d’un engagement clair envers son art.

Portrait de Rigs, hip hop, artiste, coiffé d’une casquette et vêtu d’un sweat à capuche, debout devant un micro sur fond rouge, les mains jointes.

Interview Guest Rigs

Rigs (Da Cloth) est un artiste hip hop originaire de Rochester, dans l’État de New York, connu pour son lyrisme cru, sa diction directe et son lien étroit avec le boom bap axé sur la rue. Issu de la scène d’Upstate New York, il est devenu étroitement lié à la résurgence du East Coast Hip Hop brut, notamment grâce à son affiliation au collectif Da Cloth.

Sa musique reflète une approche épurée, fondée sur des rythmes de batterie puissants, des samples sombres et un récit sans compromis. Les thèmes de la survie, de la loyauté et de l’environnement occupent une place centrale dans ses textes, délivrés avec une présence mesurée mais affirmée, en phase avec le mouvement underground actuel, axé sur l’authenticité et le réalisme.

Rigs a constitué un catalogue cohérent de sorties indépendantes, comprenant des projets tels que Gold, Gold 2, American Greed et Contraband, chacun renforçant sa réputation pour des récits homogènes, portés par la rue, et une exécution rigoureuse. Son travail met souvent en avant des collaborations avec d’autres membres de Da Cloth et des artistes associés au sein du vaste réseau underground new-yorkais.

Il a collaboré avec une série d’artistes reconnus, dont Mooch, Rome Streetz, Eto et d’autres acteurs du renouveau du boom bap moderne, ce qui le place solidement au sein d’une scène qui privilégie la profondeur lyrique et l’intégrité de la production aux tendances grand public.

Dans le cadre de Mixtape Addict, Rigs incarne l’aspect brut du hip-hop de l’Upstate New York, alliant réalisme urbain, production régulière et approche terre-à-terre, ce qui reflète l’accent mis par l’émission sur l’authenticité et l’artisanat lyrique.

La session s’ouvre avec l’invité de l’interview, Rigs, qui donne un ton sombre et concentré grâce à Dead Flames, Drano et We Made It, mêlant underground Boom Bap à un réalisme urbain et cru. Shipping Containers prolonge cette atmosphère froide et cinématographique, tandis que Crack Era renforce l’intensité classique de la côte Est grâce à une narration brute et à des motifs de batterie puissants.

La dynamique s’accélère au fil de Finesse et de If You Scared Go To Church, accumulant énergie et agressivité, avant que Three In The Chamber ne lance une attaque complète façon cypher. Styles P apporte un regard de vétéran sur Simulation, tandis que Keyboard Castro Killer et Gun Sleeve conservent un groove serré d’Underground Hip Hop avec une précision lyrique.

Un changement de ton s’installe avec Stop Counting My Pockets, introduisant une ambiance plus douce de la côte Ouest, avant que Life Sucks And Then You Die ne ramène le mélange vers des territoires plus sombres. Predators ajoute un lyrisme aigu de l’East Coast Hip Hop, tandis que RIP Old Me offre un moment réfléchi du Sud.

Le final s’intensifie avec OMG et Find Out, tous deux délivrant une puissante énergie de rap du Sud avant que Dreamix ne revienne aux fondamentaux du Boom Bap. DJ King Flow clôture l’heure avec une interview approfondie de Rigs, présentant l’épisode 94 comme une session underground cohérente, fondée sur une production brute, un accent sur les textes et une influence hip-hop interrégionale.

Au cours de l’entretien, Rigs cite le regretté DJ Kay Slay comme son DJ préféré de tous les temps, non seulement pour ses compétences techniques, mais aussi pour son engagement envers la culture. Il décrit Kay Slay comme quelqu’un qui est resté fidèle aux fondements du hip-hop et a continué à soutenir les artistes sans perdre de vue ce qui comptait vraiment.

Cette option donne le ton au reste de la conversation, qui revient sans cesse sur l’idée de rester fidèle à l’essence plutôt que de courir après les tendances. Interrogé sur l’ère des mixtapes, Rigs fait clairement part de son manque de la liberté brute propre à ce format.

Il évoque une époque où les artistes pouvaient s’approprier des beats sans contraintes et créer certains de leurs morceaux les plus puissants en dehors de la structure habituelle d’un album. Il rappelle également les grandes ères des mixtapes, façonnées par des DJ tels que DJ Clue, Whoo Kid, Big Mike et d’autres, notant que certains artistes ont livré sur ces mixtapes des œuvres que les auditeurs revisitent encore aujourd’hui plus souvent que leurs albums officiels. Pour lui, cette période incarnait un niveau différent de spontanéité et d’envie.

La conversation évolue ensuite vers sa série I Got Samples, dont Rigs explique qu’elle est née d’une expression de la rue qui s’est naturellement traduite en musique. Le concept est simple mais efficace : il permet aux gens d’entendre le produit et de décider s’ils y sont attirés.

À son avis, ce principe s’applique tout autant à la musique qu’à n’importe quel autre domaine. Il évoque également l’authenticité dans le hip-hop moderne, affirmant que, même si l’on trouve encore beaucoup de productions superficielles, un nombre croissant d’auditeurs semblent désormais rechercher l’honnêteté, la vulnérabilité et une narration directe.

Une des parties les plus marquantes de l’entretien met l’accent sur l’autonomie. Rigs explique qu’il a appris à mixer lui-même ses voix et à mettre en place son propre processus d’enregistrement, car il ne voulait pas dépendre des horaires des studios, des sessions limitées ou des retards extérieurs.

Cette mentalité se traduit également dans son approche plus globale de la musique. Il évoque ouvertement l’importance de s’entraîner, de s’adapter aux méthodes modernes de promotion et d’accepter les aspects moins glamour du métier, afin de garder le contrôle sur sa production. Son attitude demeure constante tout au long de l’entretien : si quelque chose compte, on apprend à le faire plutôt que d’attendre que quelqu’un d’autre le fasse pour nous.

Rigs évoque également Da Cloth, le collectif de Rochester qu’il a contribué à fonder aux côtés de proches collaborateurs et de membres de sa famille. Il explique que le groupe s’est formé en 2012, lorsque les membres, déjà actifs individuellement, ont décidé de s’unir et d’agir de manière stratégique en tant qu’équipe.

Bien qu’il ne confirme pas encore l’existence d’un projet collectif complet, il laisse entendre que l’accent est actuellement mis sur le rétablissement de l’élan après sa pause et sur la garantie que la prochaine grande initiative produise un impact maximal. L’Europe est également évoquée comme un élément important de la discussion.

Rigs déclare qu’il collabore régulièrement avec des producteurs et des artistes européens et qu’il prévoit de partir en tournée à l’étranger. Il souligne que les auditeurs à travers l’Europe semblent souvent plus attachés au courant le plus pur de la culture, notamment par rapport à l’atmosphère davantage axée sur les tendances qu’il observe dans certaines régions des United States. Cette appréciation du lyrisme et de l’authenticité est l’une des raisons pour lesquelles il se réjouit à l’idée d’y se produire.

Lorsqu’on lui demande quel conseil il donnerait aux jeunes artistes, Rigs est direct. Il les exhorte à être honnêtes, à rester eux-mêmes et à ne pas suivre le chemin de quelqu’un d’autre. Il souligne que nul ne peut remplir le rôle d’une autre personne ni raconter son histoire de la même manière ; l’imitation mène donc inévitablement à une impasse. Même si la réussite ne vient pas immédiatement, il soutient que les artistes doivent persévérer jusqu’à ce que leur œuvre trouve un écho, plutôt que de se transformer pour répondre aux attentes extérieures.

L’entretien s’achève sur une note de gratitude, Rigs remerciant les auditeurs d’avoir pris le temps d’écouter son histoire et de soutenir son travail. Tout au long de cet échange, il apparaît concentré, lucide et profondément attaché à son art. Plutôt que de courir après la visibilité rapide, il se présente comme un artiste qui construit patiemment, apprend sans cesse et se prépare à une belle période à venir en 2026.

La Live Broadcast est prévue le mardi 14 avril 2026, de 20 h à 22 h, heure d’Indochine (ICT), avec une rediffusion programmée le samedi de 8 h à 10 h (ICT).

DJ King Flow Mixtape Addict episode 94

Rigs - Dead Flames

Rigs - Drano

Rigs & Estee Nack - We Made It

Daniel Son & Futurewave - Shipping Containers

Barz Banga & AliBlack - Crack Era (Prod Stan Da Man)

Casablanca The Gawd - Finesse (Prod Araabmuzik)

Big Gates & Camoflauge Monk - If You Scared Go To Church

Obleak, Yotto Beatz, Ruste Juxx & Rockness Monstah - Three In The Chamber

Styles P - Simulation

Emskee, Jake Palombo & DJ Dainja - Keyboard Castro Killer

Mic Handz & Aul Purpis - Gun Sleeve

Snoop Dogg - Stop Counting My Pockets

Obleak & Yotto Beatz - Life Sucks And Then You Die

Lateb, REKS & M Dot - Predators

Paul Wall - RIP Old Me

Young Buck, Yelawolf & DJ Paul - OMG

DJ Paul & Freddie Gibbs - Find Out

M Dot - Dreamix

DJ King Flow - Interview With Rigs

Écoutez ici.

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